Ce mardi 23 septembre 2025, les communes de Manga et de Korsimoro ont accueilli des ateliers de sensibilisation sur l’évaluation des acteurs de la transparence, organisés par le Secrétariat permanent de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (SP-ITIE). Hier lundi, les équipes du SP-ITIE étaient dans les villes de Tenkodogo et de Kaya pour le même exercice.
Cette activité de sensibilisation, qui vise à impliquer les citoyens dans la construction d’un secteur extractif plus responsable et équitable, traduit, selon le Secrétaire permanent de l’ITIE-BF, Monsieur Eric Wilfrid ZOURE, « la volonté du gouvernement de renforcer le rôle du secteur extractif dans le développement économique et social ».

Bien que la commune de Kaya ne soit pas directement concernée par l’exploitation minière, les participants y ont témoigné d’un vif intérêt pour les discussions. À l’issue des communications faites par Monsieur Boureima DIALLO, chargé de mission du SP-ITIE, les participants ont évoqué les effets de la pollution minière sur la santé publique, les conflits entre orpailleurs et sociétés minières, ainsi que le rôle concret de l’ITIE dans la résolution des crises locales et la protection des droits des communautés. Le manque d’accès à l’information sur les revenus miniers et leur redistribution a également été identifié comme un obstacle majeur à la redevabilité. Le premier vice-président de la délégation spéciale de Kaya, Monsieur Adama SIMPORE, qui a présidé l’atelier, a pour sa part invité les participants à « être des relais auprès des autres communautés ».

À Tenkodogo, les représentants de l’ITIE, Messieurs Rasmané ZONGO et Olivier BALOUM, ont expliqué aux participants les modalités pratiques de l’évaluation des acteurs du secteur extractif et présenté le guide de perception du grand public. Dans cette zone, où l’activité minière est plus présente, les échanges ont porté sur les dégâts environnementaux causés par les mines sur les terres agricoles et les cours d’eau, avec des témoignages sur la disparition de certaines espèces locales. La traçabilité du charbon fin et les revenus générés par son traitement ont également suscité des interrogations. L’exploitation artisanale a été pointée du doigt, avec une demande de régulation plus stricte. Les participants ont aussi alerté sur la fuite des élèves vers les cités minières, un phénomène qui compromet leur scolarité. Ils ont proposé l’organisation de campagnes de sensibilisation dans les écoles pour freiner cette tendance.

À Korsimoro, Monsieur Bounkaté DHA, représentant du premier vice-président de la délégation spéciale, a rappelé dans son discours d’ouverture que « cette campagne est essentielle pour permettre aux communautés de mieux comprendre les enjeux miniers et de jouer pleinement leur rôle citoyen ». Les échanges entre la délégation du SP-ITIE et les représentants des communautés étaient orientés sur le manque de délimitation des périmètres miniers, ce qui complique le travail du cadastre. La nécessité d’organiser des tribunes de redevabilité, l’amélioration de l’accessibilité de la plateforme numérique d’évaluation, et l’inclusion des personnes non alphabétisées dans le processus d’évaluation ont également été évoquées.

L’atelier de Manga a été présidé par le président de la délégation spéciale communale, Monsieur Yazouma Bérenger BIHOUN. La quarantaine de participants a évoqué des sujets clés avec l’équipe du SP-ITIE, tels que la lutte contre la corruption, les sanctions liées aux rapports ITIE, la formation des points focaux, la vulgarisation du code minier, ainsi que les tensions entre sociétés minières et orpailleurs.
Les différents ateliers, qui se tiennent dans le cadre d’une campagne nationale, se poursuivent dans les prochains jours avec pour objectif de préparer les communautés à l’évaluation nationale prévue en 2026, en les impliquant dans la collecte de perceptions et en les sensibilisant aux enjeux de transparence.
DICP SP-ITIE

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